L’artiste reggae ivoirien Tiken Jah Fakoly est revenu avec fermeté sur la polémique liée au « travaillement » survenu lors de sa prestation au Marché des Arts du Spectacle d’Abidjan (MASA). Une séquence durant laquelle une spectatrice serait montée sur scène pour lui remettre de l’argent. La star du reggae, indique qu’il n’aime pas tout le travaillement (NDLR : distribution de billets de banque) sur scène.
Selon l’artiste, cet épisode illustre une pratique qu’il désapprouve totalement dans l’univers du reggae. « Écoutez-moi, j’étais sur scène et j’ai vu une dame arriver pour donner de l’argent. Je me suis dit que je n’aime pas trop ça, parce que cela dévalorise le reggae », a-t-il expliqué, rappelant que cette musique est avant tout engagée et porteuse de messages sociaux.
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Tiken Jah Fakoly insiste sur la dimension militante du reggae, qu’il oppose à certaines pratiques issues d’autres genres musicaux. Pour lui, l’acte de recevoir de l’argent sur scène risque d’altérer la portée symbolique de cette musique. « Le reggae est une musique engagée. On n’a jamais vu Bob Marley recevoir de l’argent sur scène. Ce n’est pas une musique de griot, mais une musique qui prend position pour le peuple », a-t-il soutenu, estimant que certaines habitudes doivent être évitées pour préserver l’essence du genre.
Tout en exprimant son respect pour les artistes d’autres courants, notamment ceux du coupé-décalé, Tiken Jah Fakoly souligne une différence fondamentale entre les styles. « Je respecte les faiseurs du coupé-décalé, ils ont leurs codes. Mais le reggae et le coupé-décalé ne sont pas les mêmes. Le travaillement fait partie de leurs pratiques, mais pas du reggae », a-t-il affirmé.
L’artiste est également revenu sur l’échange en coulisses avec la personne impliquée dans l’incident. Selon lui, celle-ci aurait expliqué être venue pour présenter une association. « Dans ma loge, je me suis excusé auprès d’elle. Je pensais qu’elle venait faire du travaillement sur moi », a-t-il précisé, reconnaissant un malentendu.
Dans un ton plus direct, Tiken Jah Fakoly a tenu à clarifier sa position sur la question financière. « Si quelqu’un veut me donner de l’argent, qu’il fasse un chèque, je le prendrai. Mais sur scène, je n’aime pas ça », a-t-il déclaré.
Pour l’artiste, la scène reste avant tout un espace de transmission de messages. « Le reggae est en mission pour le peuple. Il ne faut pas démystifier cette musique », a-t-il insisté, réaffirmant son attachement à une certaine éthique artistique.
Alors qu’il se produisait le 19 avril 2026 lors de la clôture du MASA 2026, une dame, présentée comme une VIP, s’est approchée avec l’intention d’effectuer un « travaillement », pratique consistant à distribuer des billets de banque à un artiste pendant sa prestation, courante dans le milieu du coupé-décalé.
Une initiative aussitôt stoppée par Tiken Jah Fakoly, qui a tenu à rappeler les codes propres à son univers musical : « Non madame, ce n’est pas coupé-décalé, pardon. Merci », a-t-il lancé, dans un ton ferme mais courtois.
Lucien Kouaho (stagiaire)

























