La décision rendue le 17 mars 2026 par la Confédération Africaine de Football continue de faire couler beaucoup d’encre. En déchoyant le Sénégal de son titre de champion d’Afrique 2025 au profit du Maroc, finaliste malheureux, l’instance dirigeante du football africain a provoqué une vague de réactions sur le continent et au-delà.
Parmi les voix qui se sont élevées, celle de Joseph Antoine Bell retient particulièrement l’attention. Dans une interview accordée à Sportcamer, l’ancien international camerounais a livré une analyse sans détour de cette affaire qui, selon lui, ternit l’image du football africain.
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Réagissant aux critiques visant la gouvernance de la CAF et son président Patrice Motsepe, accusé par certains observateurs d’être sous l’influence de la FIFA, Joseph Antoine Bell appelle à la nuance. Pour lui, il est essentiel de dissocier les débats. « Il ne faut pas mélanger les sujets », insiste-t-il, estimant que la question de la finale doit être analysée indépendamment des considérations sur la gestion globale de l’institution.
Dans son argumentaire, l’ancien capitaine de l’Olympique de Marseille souligne que chaque affaire mérite d’être jugée sur ses propres faits, à l’image d’un tribunal où même un récidiviste peut être acquitté selon les circonstances. Il rejette ainsi les amalgames qui consistent à attribuer systématiquement toutes les décisions controversées à la tête de l’organisation.
Plus encore, Joseph Antoine Bell livre une réflexion critique sur le style de gouvernance au sein des instances africaines. « Motsepe a oublié d’être dictateur comme on aime en Afrique », lance-t-il, dans une formule provocatrice. Selon lui, le président de la CAF se distingue en laissant ses commissions travailler de manière autonome, quitte à ce que leurs décisions ne lui soient pas toujours favorables. Il rappelle d’ailleurs que la décision contestée émane d’un jury d’appel, et non directement du président.
L’ancien portier pointe également la responsabilité collective des acteurs du football africain. Il invite notamment les présidents de fédérations à assumer leur rôle au sein de la CAF. « La CAF, c’est eux », martèle-t-il, dénonçant une tendance à se décharger sur l’institution ou son dirigeant sans reconnaître leur propre implication dans les décisions.
Dans son analyse, il met en lumière un dysfonctionnement plus large : celui d’un système où les dirigeants locaux consultent peu leurs bases, reproduisant ainsi au sommet les mêmes pratiques de gouvernance. Une situation qui, selon lui, favorise la personnalisation excessive du pouvoir et les critiques ciblées.
À travers cette prise de parole, Joseph Antoine Bell invite à une introspection collective sur le fonctionnement du football africain, appelant à plus de responsabilité partagée et à une meilleure compréhension des mécanismes décisionnels au sein des instances dirigeantes.
Lucien Kouaho (stagiaire)


























