La cour criminelle de Paris a condamné, mercredi 25 mars 2026, l’islamologue suisse Tariq Ramadan à 18 ans de réclusion criminelle pour viols commis sur trois femmes. Jugé par défaut et à huis clos, l’intellectuel a été reconnu coupable de plusieurs faits, dont un viol aggravé sur personne vulnérable.
Une peine lourde assortie de mesures de suivi
En plus de la peine de prison, la juridiction a ordonné un suivi judiciaire d’une durée de huit ans. Parmi les mesures prononcées figurent l’interdiction d’entrer en contact avec les victimes ainsi que l’interdiction de diffuser tout ouvrage, œuvre audiovisuelle ou intervention publique portant sur les faits jugés.
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La présidente de la cour, Corinne Goetzmann, a rappelé lors de l’énoncé du jugement un principe central du droit pénal en matière de violences sexuelles : le consentement à une relation n’implique pas l’acceptation de tous les actes sexuels, et il peut être retiré à tout moment.

Interdiction définitive du territoire français
La cour a également prononcé une interdiction définitive du territoire français à l’encontre de Tariq Ramadan, une mesure qui s’appliquera après l’exécution de sa peine. Elle a par ailleurs maintenu les effets du mandat d’arrêt délivré contre lui le 6 mars.
Des faits présumés entre 2009 et 2016
L’islamologue était jugé à Paris depuis le 2 mars pour des viols présumés commis entre 2009 et 2016 sur trois femmes. Les accusations portent notamment sur un viol aggravé avec violences sur une femme présentée sous le prénom d’emprunt « Christelle », qui se serait produit à Lyon en octobre 2009.
Une autre plainte concerne Henda Ayari, ancienne salafiste devenue militante laïque, dont la dénonciation publique en 2017 avait contribué à déclencher l’affaire judiciaire. Un troisième cas remonte à 2016.

Une affaire aux répercussions internationales
Déjà condamné par la justice suisse dans une autre affaire de viol, Tariq Ramadan conteste les accusations portées contre lui dans ce dossier. Cette décision de la justice française marque une nouvelle étape majeure dans une affaire très médiatisée, suivie de près en Europe et dans plusieurs pays du monde musulman.
Le jugement rendu par la cour criminelle de Paris pourrait encore faire l’objet de suites judiciaires selon les procédures en cours.
Karina Fofana

























