Un juge fédéral américain a ordonné, mardi 17 mars 2026, la reprise des émissions de la radio publique Voice of America (VOA) ainsi que la réembauche de 1042 employés licenciés en juin dernier, dans une décision qui relance le débat sur l’indépendance des médias publics aux États-Unis.
La décision du juge fédéral Royce Lamberth intervient dix jours après qu’il a estimé que la personne choisie par le président Donald Trump pour superviser les licenciements massifs au sein de VOA avait été nommée de manière illégale. Ce jugement invalide par conséquent les renvois prononcés à l’époque.
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Dans son ordonnance, le magistrat a exigé la réintégration, d’ici le 23 mars, de 1042 employés de la radio internationale, qui se trouvaient en congé administratif rémunéré depuis environ un an.
À l’origine de ces licenciements se trouve Kari Lake, ancienne présentatrice de télévision nommée à la tête de l’Agence américaine pour les médias mondiaux (USAGM). Cette agence supervise plusieurs médias publics destinés à l’international, notamment Radio Free Europe/Radio Liberty et Radio Free Asia. Après sa nomination, Kari Lake avait annoncé d’importantes coupes dans les financements et les effectifs de VOA.
Le juge Royce Lamberth a également demandé à l’USAGM de présenter un plan détaillé pour relancer les diffusions internationales de la radio, interrompues ou fortement réduites depuis les restructurations.
Trois employés de VOA à l’origine de la plainte contre la décision de Kari Lake ont salué la décision judiciaire. Dans un communiqué, ils ont affirmé vouloir « réparer les dommages causés à l’agence et à leurs collègues », tout en réaffirmant leur intention de reprendre la mission confiée par le Congrès américain et de regagner la confiance de leur audience mondiale.
Créée durant la Seconde Guerre mondiale, Voice of America avait pour vocation de porter la « voix de l’Amérique » à travers le monde, en particulier dans les pays autoritaires. Au fil des décennies, le média s’est inscrit dans un dispositif plus large de diffusion d’informations internationales, aux côtés notamment de Radio Free Europe, lancée pendant la Guerre froide, et de Radio Free Asia, créée en 1996.
Toutefois, la radio publique s’est retrouvée au cœur d’une controverse politique lorsque Donald Trump a signé l’an dernier un décret accusant VOA de promouvoir un parti pris jugé de gauche et anti-américain.
De son côté, le gouvernement américain a déjà indiqué qu’il comptait faire appel d’une précédente décision du juge Royce Lamberth estimant illégale la nomination de Kari Lake. Cette nouvelle bataille judiciaire pourrait prolonger l’incertitude autour de l’avenir de la radio internationale.
Karina Fofana
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