Un voyage en première classe dans l’univers merveilleux du conte et des légendes africaines. C’est la promesse tenue par la 12e édition du Festival de conte Ahoko Kouahi’n de Krigambo, qui a rassemblé passionnés et gardiens de la tradition orale du 24 février au 2 mars 2026.
Un voyage en première classe dans l’univers merveilleux du conte et des légendes africaines. C’est la promesse tenue par la 12e édition du Festival de conte Ahoko Kouahi’n de Krigambo. Ce festival, qui donne toute sa place à la magie du conte, a rassemblé de nombreux passionnés de la tradition orale du 24 février au 2 mars. Une période au cours de laquelle Krigambo, village situé dans le département de Bouaflé, a troqué son calme habituel contre une ambiance des jours de fête. S’érigeant, le temps d’une semaine festive, en véritable carrefour culturel dans la région de la Marahoué.
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Un casting de conteurs doués
De grands noms du conte ivoirien se sont succédé dans l’arène sablonneuse qui a accueilli le festival. Tour à tour, l’on a pu se délecter des contes dits par Thérèse Yao, un nom bien connu dans l’univers du conte en Côte d’Ivoire, Konan Boglo, un conteur en provenance de Tiébissou, voix incontournable de la science du conte dans la région ; Fiessou Kpokpo, un groupe de conteurs en provenance de Béoumi et Dja Alexis, plus connu sous le nom d’Alexis Djisso, ancien présentateur de l’émission Mensonge d’un soir à la Rti, véritable légende vivante du conte ivoirien. Un casting de haut niveau qui a permis aux participants de s’immerger pleinement dans cette expédition, dans l’imaginaire des fables et proverbes africains. Cela autour d’un feu de bois installé au cœur de la scène, afin de recréer cette ambiance typique du conte tel qu’autrefois raconté dans nos contrées.
Le lièvre, l’hyène, l’araignée…
Le décor est planté, place à l’immersion dans le conte africain avec ses personnages incontournables. Dans le récit de ces conteurs hors pair, Gbamlô, le lièvre fait apprécier sa ruse, quand Akendêwa, l’araignée, toujours prévoyante, ne se laisse jamais surprendre par le cours des évènements. Le lion, incarnation de la force, l’hyène, incarnation de traîtrise, et la tortue, expression aboutie de la paresse font vivre ces récits immersifs. Humour, occupation scénique, imitation des voix d’animaux et, par moments, l’explosion de rire du public captivé par la scène. Le Festival Ahoko Kouahi’n tient toutes ses promesses et Koffi Koffi, le promoteur de l’événement peut esquisser un sourire de soulagement. Heureux d’avoir réussi le défi d’une organisation remarquable de cette 12e édition, en dépit des difficultés.
Les innovations de la 12e édition
Deux innovations ont ponctué ce 12e rendez-vous à Krigambo. Une fois n’est pas coutume, le festival a enregistré deux soirées de conte au lieu d’une seule. En effet, outre la grande soirée du samedi, le public a eu droit à un premier rendez-vous nocturne le mercredi. Une sorte de mise en bouche qui a permis l’échauffement des conteurs. D’autre part, le festival a innové avec le concours de la plus grosse igname de la région de la Marahoué. Un concours qui a enregistré la victoire de Gnamien François, cultivateur à Krigambo. Qui a dominé la compétition grâce à sa pièce exceptionnelle de 8 kg. Pour le promoteur Koffi Koffi, ce concours inédit vise à favoriser l’implication des différents villages de la région dans le festival.
Le Festival Ahoko Kouahi’n, un outil de développement
Institué depuis plus d’une décennie, le festival Ahoko Kouahi’n se révèle être un véritable outil qui impacte le développement de Krigambo. À en croire son promoteur, Koffi Koffi, ce festival a suscité plusieurs actions de développement grâce, notamment à l’action des cadres du village. Ainsi l’école primaire publique du village s’est a été dotée de latrines, d’une cantine et a vu ses façades rénovées.
À cela s’ajoute la promotion de la lecture auprès des jeunes écoliers de la région. Cela, grâce aux concours littéraires associés au festival. Un espace de lecture a aussi été créé dans la localité avec le concours de l’association Point de lecture. Le festival se veut aussi un outil de cohésion sociale qui réunit les différentes communautés de la région. Cependant, pour le promoteur, l’impact le plus important est celui opéré sur les mentalités.
Car, ce festival a, selon lui, contribué à la revalorisation de l’art du conte dans ce village et à la promotion de la lecture. « Le développement ne doit pas seulement s’appréhender en termes de construction d’édifi ces. Car la transformation des mentalités est le pilier du développement matériel », soutient-il. Ces importants acquis ont été relevés par Sigbeu Donatien, sous-préfet de Pakouabo, qui a ouvert le festival. Évoquant les innombrables vertus de cette tradition orale, il a invité les communautés locales à la pérennisation du festival. ‘’Le conte mérite d’exister dans nos écoles, dans notre société et dans nos familles’’, a-t-il conclu.
En mémoire d’Ahoko Kouahi’n
Le festival porte le nom de feu Ahoko Kouahi’n, un conteur hors pair qui a porté l’art du conte à Krigambo. Initié par ses géniteurs à cet art dès sa tendre enfance, il était réputé pour sa capacité de tenir en haleine une assistance durant de nombreuses heures, sans se répéter et sans lasser. C’était une véritable encyclopédie vivante de conte qui se faisait aussi remarquer par son jeu scénique, rythmé par la danse, des chansons et son imitation inégalée des animaux et des personnages intervenant dans ses récits.
Fraternité Matin
NDLR : Le titre et l’introduction sont de la rédaction


























