La sortie musicale de Vitale, abordant les relations conjugales et le phénomène des « voleuses de maris », continue de susciter des réactions dans le milieu artistique ivoirien. La chanteuse Odette Nazié, auteure du titre « Tchiza piqué », est récemment sortie de sa réserve pour adresser un message à celle qu’elle considère comme sa « petite sœur ».
Se présentant comme une aînée, Odette Nazié rappelle d’abord les liens culturels qui les unissent. « Vitale est Gouro et Baoulé. Moi, je suis Gouro de Bonon. Vitale est donc ma petite sœur », affirme-t-elle. L’artiste confie suivre l’actualité musicale de la chanteuse, notamment ses directs et sa récente chanson, dont elle reconnaît le caractère engagé. « Vitale veut peut-être sensibiliser », admet-elle.
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Cependant, si l’intention peut être noble, la forme employée suscite chez elle des réserves. « Mais elle peut sensibiliser sans insulter, sans proférer des injures. Traiter les autres de Toutou, Djandjou, prostituée parce qu’elles ne sont pas encore mariées ? », s’interroge la chanteuse, visiblement préoccupée par l’impact de tels propos.
Pour Odette Nazié, la question du mariage ne saurait être réduite à un critère de valeur morale. « Ne pas être mariée et avoir pour amant un homme marié ne veut pas dire qu’on est forcément une femme légère. Le mariage, c’est la chance », explique-t-elle. Elle insiste sur le fait que certaines femmes, malgré un passé sentimental complexe, ont eu l’opportunité de se marier, tandis que d’autres, tout aussi respectables, attendent encore cette grâce. « Oui, Dieu fait grâce à qui il veut. Par contre, il y a de bonnes femmes qui n’ont pas encore cette chance », ajoute-t-elle.
L’artiste va plus loin en déconstruisant certaines idées reçues. « Le mariage est une grâce, mais ce n’est pas un métier », lance-t-elle, avant de poser une question provocatrice : « Est-ce possible de voler un mari ? ». Selon elle, la responsabilité ne saurait incomber uniquement aux femmes pointées du doigt. « Les hommes ont toujours été insatiables. Un homme qui ne veut pas d’une femme ne pourra pas faire une journée avec elle », affirme-t-elle.
Elle souligne également que les relations naissent souvent sans que la vérité soit clairement exposée. « Quand un homme drague une femme, il ne brandit pas son carnet de mariage. Ça dépend de ce qu’il dit à la femme », poursuit-elle, rappelant la complexité des relations humaines.
Pour Odette Nazié, son intervention ne vise ni à encourager le phénomène des « tchiza », ni à cautionner les infidélités. Elle se veut plutôt un appel à la modération et à la responsabilité artistique. « Il ne s’agit pas pour moi de justifier le phénomène Tchiza ni celui de “voleuses de maris” que chante Vitale, mais juste de lui dire de mettre un peu d’eau dans son vin », précise-t-elle.
Consciente de l’influence des artistes sur la société, elle invite à davantage de prudence dans les messages véhiculés. « Chaque femme a son histoire, son vécu. À vouloir trop justifier ce qu’elle chante, elle peut frustrer sans le savoir d’autres personnes, même ses proches », conclut-elle.
Lucien Kouaho (stagiaire)
Vitale : « 80% des femmes mariées font que leur mari vont dehors » – allbuzzafrica
























