La cérémonie de libation du Djidji Ayokwè Kabato a eu lieu ce lundi 23 février 2026 au Musée du Quai Branly-Jacques Chirac en France, en présence des représentants de la Chefferie et de la communauté Bidjan. À l’occasion, l’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République de Côte d’Ivoire auprès de la République Française et de la Principauté de Monaco, Maurice Bandaman a tenu à mettre fin à la polémique sur le « vrai » ou « faux » Djidji Ayokwè qui s’est répandu sur les réseaux sociaux. Selon lui, celui sur lesquel est assis le fils du colon, n’est pas le Djidji Ayokwè.
Maurice Bandaman a affirmé que la polémique aujourd’hui, c’est de dire que ce n’est pas le bon tambour (Djidji Ayokwè) qui est présenté. « C’est le bon tambour. Sur les réseaux sociaux, il y a des images de tambours dont un est montré comme sur lequel jouait le petit colon. Il y en avait plusieurs. Il faut que l’opinion sache qu’il y avait plusieurs modèles de ce type. », a-t-il tranché. D’ailleurs, a-t-il souligné, on continue d’en produire au sud de la Côte d’Ivoire dans les pays lagunaires, dans le pays Tchaman, Adjoukrou, chez les Agni.
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« Celui que nous voyons sur les réseaux sociaux sur lequel est assis le fils du colon, n’est pas le Djidji Ayokwè. On peut faire la comparaison à travers les images. La dernière fois que ce tambour a été montré, c’était au Musée de l’homme depuis les années 80, j’ai les images pour le démontrer. », a insisté l’écrivain.
À l’en croire, il y avait plusieurs tambours dans la Cour de l’administrateur Max Simon. « Il avait enlevé plusieurs tambours. Il y avait des tambours qui appelaient à la guerre, d’autres à la résistance. Ils ont été entreposés dans la Cour de l’administrateur. D’autres se sont détériorés. Le Djidji Ayokwè a fait l’objet d’un transport maritime pour être déposé au musée de l’homme, ici à Paris. », a-t-il fait savoir.
« (…) Nous voulons rassurer nos compatriotes sur l’authenticité de l’objet que nous avons. Il n’a pas été falsifié. », a-t-il précisé.

Notons que le journaliste-écrivain, fondateur de Afriksoir.net, Ivoir’Hebdo et Allbuzzafrica.com André Silver Konan s’est prononcé le 21 février 2026 sur la forme du Djidji Ayôkwé, le tam-tam parleur des Atchans qui a diminué de forme vers la queue contrairement à celui photographié en 1916.
Dans une publication au ton à la fois critique et ironique, il avait comparé la forme actuelle de l’instrument à celle visible sur des photographies datant de 1916. Selon lui, le tambour présenterait aujourd’hui un amincissement vers l’extrémité.
« Image 1 : Djidji Ayôkwé photographié en 1916, un enfant-colon assis là-dessus. Image 2 : Djidji Ayôkwé restitué en 2026, par la France. Si Leyssa, ma dernière de 4 ans, s’assoit dessus, ça risque de se briser. 110 ans plus tard, le tam-tam parleur des Atchans a fait régime et BBL de la queue. Oridjidji même est étonné. Tam-tam parleur par procuration. Dieu nous donne la bonne compréhension ! », a-t-il écrit.
Mais selon un article de RFI, publié le 14 décembre 2022, le Djidji Ayôkwé avait été restauré depuis un mois en région parisienne car l’objet avait été mangé à certains endroits par des insectes xylophages.
Karina Fofana


























