Le célèbre reggaeman ivoirien Tiken Jah Fakoly est au cœur d’une nouvelle controverse après des déclarations critiques sur la situation politique dans les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Dans une interview récente, l’artiste engagé affirme que certains soutiens des régimes militaires sahéliens espéraient le voir jouer un rôle de soutien inconditionnel aux dirigeants de la région.
« Les gens de l’AES pensaient que j’allais être leur griot et que j’allais chanter Ibrahim Traoré, Abdourahamane Tiani et Assimi Goïta. Je pense que c’est à ça qu’ils s’attendaient », a-t-il déclaré sans détour.
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Connu pour ses prises de position panafricanistes et ses critiques virulentes contre les injustices, Tiken Jah Fakoly insiste sur la nature même de son engagement artistique. « J’ai fait du reggae mon rôle. Le reggae dénonce tout. Voilà, moi je fais du reggae et c’est ce que j’ai toujours fait », a-t-il rappelé, revendiquant une liberté de ton fidèle à ses convictions.
Cependant, ses propos sur la restriction de la liberté d’expression dans certains pays de l’AES lui ont valu une vague de critiques, y compris de la part de ses propres fans. « J’étais surpris de la réaction. C’était violent. On m’a traité de tout, on m’a même dit que la France m’avait payé », a-t-il regretté.

L’artiste dénonce ce qu’il considère comme une indignation à géométrie variable. Selon lui, certains lui reconnaissent le droit de critiquer le Président ivoirien Alassane Ouattara, notamment sur la question d’un éventuel nouveau mandat, mais refusent qu’il exprime des critiques à l’égard des autorités militaires sahéliennes.
Pour Tiken Jah Fakoly, la liberté d’expression doit être universelle et non sélective. Il s’inquiète notamment de la situation au Burkina Faso, où, selon lui, des figures de la société civile, des journalistes et des syndicalistes ont été inquiétés ou contraints au silence. Il cite également le cas de militants du Balai Citoyen et d’anciens responsables envoyés au front malgré leur âge avancé.
« Si on empêche les gens de s’exprimer, ils vont rentrer dans le complot. Parce qu’ils ne peuvent pas dire ce qu’ils pensent », a-t-il averti, estimant que le manque de liberté fragilise l’unité nationale.
Malgré les critiques, le chanteur affirme rester fidèle à sa ligne. « Je souhaite qu’on laisse les gens s’exprimer. Ceux qui soutiennent les militaires doivent pouvoir parler, mais ceux qui ne sont pas d’accord aussi », a-t-il insisté.
Lucien Kouaho (stagiaire)
Tiken Jah : « Il y a une exagération dans la pratique de la religion en Afrique » – allbuzzafrica


























