Le rappeur ivoirien Kadja 302 a évoqué son évolution artistique et personnelle. Dans une récente déclaration, l’artiste est revenu sur ses débuts dans la musique, reconnaissant un style autrefois marqué par une grande crudité dans le langage. Un regard lucide sur son parcours, qui illustre aussi la transformation progressive de son rapport au public.
« Au début, quand j’ai commencé la musique, j’étais très grossier dans mes propos », a-t-il confié. Une admission qui traduit une prise de conscience mûrie avec le temps et l’expérience. Comme beaucoup d’artistes issus de la scène urbaine, Kadja 302 explique avoir d’abord utilisé la musique comme un exutoire brut, un espace de liberté totale où l’expression ne connaissait que peu de limites.
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Cependant, l’évolution de sa notoriété a changé la donne. « Quand de plus en plus de personnes ont commencé à m’écouter, je me suis dit qu’il fallait quand même doser », poursuit-il. L’artiste souligne ainsi le poids croissant de la visibilité et l’élargissement de son audience, qui l’ont amené à repenser sa manière de s’exprimer. Aujourd’hui, il affirme toucher un public plus large, bien au-delà du cercle initial de ses premiers fans.
Cette nouvelle dimension l’a poussé à adopter une approche plus mesurée, sans pour autant renier son identité artistique. « Je ne peux pas me comporter comme si je n’en avais pas conscience », reconnaît-il, évoquant la responsabilité implicite qui accompagne la popularité. Pour Kadja 302, il ne s’agit pas de se censurer totalement, mais plutôt d’ajuster son discours à la réalité de son influence.
L’artiste tient toutefois à poser une limite claire quant au rôle qu’on attribue souvent aux musiciens dans l’éducation des jeunes. « Après tout, nous ne sommes pas responsables de toute la population », affirme-t-il. Il rappelle que sa démarche première reste artistique et personnelle : « Moi, je fais de la musique pour m’exprimer, pour dire ce que j’ai envie de dire. »
Sans chercher à se présenter comme un modèle irréprochable, Kadja 302 assume ses imperfections. « Je ne prétends pas être le jeune homme le plus droit », admet-il. Il estime que la responsabilité éducative revient avant tout aux parents. « Si ce que je chante arrive aux oreilles d’un enfant de 12 ans, c’est aux parents de lui donner l’éducation nécessaire afin que les aspects négatifs de mes chansons n’aient pas d’impact sur lui», a-t-il ajouté.
Entre liberté d’expression artistique et conscience de son influence, Kadja 302 trace ainsi une ligne d’équilibre, reflet des défis auxquels sont confrontés de nombreux artistes contemporains.
Lucien Kouaho (stagiaire)
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