Plus d’une semaine après la finale particulièrement mouvementée de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025, remportée par le Sénégal face au Maroc (1-0 après prolongation), la Confédération africaine de football (CAF) a rendu son verdict. Réunie en commission de discipline, l’instance continentale a infligé de lourdes sanctions à la suite des incidents ayant émaillé cette rencontre, visant principalement le camp sénégalais, sans pour autant épargner le pays hôte marocain.
Malgré la constitution d’un « dossier béton » par la Fédération sénégalaise de football (FSF), la défense des Lions de la Téranga n’a pas convaincu la commission de discipline de la CAF. Le sélectionneur national, Pape Thiaw, écope ainsi d’une suspension de cinq matchs dans les compétitions CAF, assortie d’une amende de 100 000 dollars (54 839 022 FCFA).
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Le technicien paie notamment sa décision controversée d’avoir demandé à ses joueurs de quitter le terrain après le penalty sifflé en faveur du Maroc lors de la finale. Un geste qu’il avait pourtant tenté de corriger quelques minutes plus tard, avant de présenter des excuses après la rencontre. Insuffisant aux yeux de la CAF, qui lui reproche « un comportement antisportif portant atteinte à l’image du football ». Cette suspension constitue un coup dur pour le Sénégal, même si elle ne s’appliquera pas à la prochaine Coupe du monde. Le contrat de Pape Thiaw arrive par ailleurs à échéance le 28 février 2026.
Sur le plan sportif, le Sénégal devra également composer sans deux de ses attaquants. Iliman Ndiaye et Ismaïla Sarr ont chacun écopé de deux matchs de suspension. Le premier est sanctionné pour avoir traité l’arbitre de « corrompu », des propos captés sur plusieurs vidéos, tandis que le second est puni pour « comportement antisportif envers l’arbitre ».
À ces sanctions individuelles s’ajoutent plusieurs amendes infligées à la Fédération sénégalaise. La FSF devra ainsi verser 15 000 dollars (8 225 853 FCFA) pour « faute disciplinaire de l’équipe nationale », cinq joueurs ayant reçu des avertissements au cours de la rencontre. Une autre amende de 300 000 dollars (164 517 750 FCFA) a également été prononcée à l’encontre de la fédération, dont le président Abdoulaye Fall s’était montré particulièrement virulent à l’égard de la CAF après la finale.
La commission de discipline a aussi sanctionné le groupe de supporters sénégalais « 12e Gaindé ». La Fédération devra s’acquitter d’une nouvelle amende de 300 000 dollars (164 517 750 FCFA), tandis que certains supporters seront interdits de stade à la suite des violences observées en tribunes. Pour rappel, 18 supporters sénégalais sont toujours détenus au Maroc, dans l’attente de leur jugement pour des faits de hooliganisme.
Le Maroc également sanctionné
Si le Maroc s’en sort globalement mieux que le Sénégal, le pays hôte n’a pas été épargné par la CAF. La Fédération marocaine de football a été condamnée à plusieurs amendes totalisant 315 000 dollars (172 742 921 FCFA). Elles concernent notamment le comportement des ramasseurs de balles, l’envahissement de la zone de la VAR, ainsi que l’usage de lasers par certains supporters dans les tribunes.
La CAF a également statué sur la très médiatisée « affaire des serviettes », impliquant le gardien sénégalais Édouard Mendy. Pour leur participation, active ou passive, à la disparition des serviettes du portier, les joueurs marocains Achraf Hakimi et Ismael Saibari ont été sanctionnés. Hakimi écope de deux matchs de suspension, dont un avec sursis, tandis que Saibari est suspendu pour trois matchs pour comportement antisportif, assortis d’une amende de 100 000 dollars (54 839 250 FCFA).
Une procédure disciplinaire rigoureuse
Présidée par le Sénégalais Ousmane Kane, temporairement écarté de l’examen de cette affaire en raison de l’implication directe de son pays, la commission de discipline s’est appuyée sur les rapports des arbitres, des commissaires de match, ainsi que sur l’analyse approfondie des images vidéo. Les différentes parties ont été entendues dans le cadre d’une procédure contradictoire, garantissant le droit à la défense avant la délibération finale.
Avec ces décisions, la CAF entend envoyer un message fort en faveur du respect de l’éthique sportive et de l’autorité arbitrale, au terme d’une finale qui restera comme l’une des plus controversées de l’histoire récente de la CAN.
Karina Fofana


























