C’est une image forte, appelée à marquer l’histoire de la justice en Afrique. Au Ghana, juges et avocats ont troqué les traditionnelles perruques poudrées et les sombres toges héritées de l’époque coloniale pour de nouvelles robes bleu marine et or, élégamment rehaussées de bandes de tissu kente.
Bien plus qu’un simple changement vestimentaire, cette réforme symbolise une réaffirmation identitaire et un rejet assumé des vestiges du colonialisme dans les institutions judiciaires. Elle s’inscrit dans une volonté claire de repenser les codes de la justice en les adaptant aux réalités culturelles africaines.
L’adoption de cette nouvelle tenue judiciaire constitue un geste audacieux, à la fois politique et culturel.
A lire aussi : UNJCI : Marie-Laure N’Goran entre officiellement dans la course à la présidence
Elle traduit l’ambition du Ghana de promouvoir une culture africaine authentique dans tous les secteurs de la vie publique, y compris celui de la justice, longtemps marqué par des symboles importés.
Le choix du kente n’est pas anodin. Ce tissu traditionnel ghanéen, riche de significations, de couleurs et de symboles, renvoie à l’histoire, aux valeurs et à l’identité profonde du peuple ghanéen. En l’intégrant à la tenue des professionnels du droit, le pays envoie un message fort : la justice peut être moderne tout en restant enracinée dans ses traditions.
Cette initiative pourrait faire école sur le continent. Elle invite d’autres nations africaines à repenser leur héritage vestimentaire judiciaire et, plus largement, à interroger la persistance des symboles coloniaux dans leurs institutions. En réduisant la distance entre le passé et le présent, le Ghana ouvre la voie à une justice plus proche des citoyens, fière de sa culture et porteuse des valeurs africaines.
Une image puissante, symbole d’un renouveau nécessaire et d’une affirmation assumée de l’identité africaine.

























