D’après les médecins, il ne devait plus jamais chausser les crampons. Et pourtant, Georgi Minoungou est bien présent au Maroc pour la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Mieux encore, l’ailier droit du Burkina Faso a inscrit le tout premier but des Étalons dans la compétition, incarnant à lui seul l’une des plus belles histoires de résilience de cette CAN.
S’il évolue aujourd’hui au plus haut niveau, c’est presque un miracle sportif. Atteint d’une maladie rare et inexpliquée, Georgi Minoungou a définitivement perdu l’usage de son œil gauche. Un handicap majeur dans un sport où la vision est essentielle. Mais malgré un diagnostic médical implacable, le jeune international burkinabè a refusé de renoncer à son rêve.
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Âgé de seulement 23 ans, le numéro 19 des Étalons a vécu l’épreuve la plus douloureuse de sa vie… juste après avoir franchi un cap décisif dans sa carrière. À l’été 2023, il quitte la deuxième division tchèque pour s’engager avec les Seattle Sounders, en Major League Soccer (MLS). Un bond immense. Lors d’un stage de préparation à Marbella, en Espagne, tout bascule.
Après quelques séances d’entraînement, le joueur ressent une irritation et un gonflement à l’œil gauche. Pensant à une simple allergie, il poursuit ses activités sous surveillance médicale. Trois jours plus tard, son œil est entièrement envahi par le sang. L’alerte est donnée.
Un spécialiste, fort de 38 années de carrière, examine son cas et reste stupéfait. Il n’a jamais vu une telle situation. L’opération devient urgente. Les médecins découvrent alors que les nerfs de l’œil sont totalement détruits. Un cas rarissime, à ce jour toujours sans explication médicale claire.
Le verdict est sans appel : Georgi Minoungou perd définitivement l’usage de son œil gauche. Les médecins lui annoncent qu’il ne rejouera plus jamais au football professionnel. Une sentence que le jeune Burkinabè refuse d’accepter.

Commence alors un long combat. Travail acharné, rééducation intensive, adaptation du champ de vision, réapprentissage des repères sur le terrain, reconstruction des réflexes… Jour après jour, il repousse les limites. Jusqu’à réussir l’impensable : revenir à la compétition.
Aujourd’hui, il dispute sa première Coupe d’Afrique des Nations et marque dès son entrée en lice. Après le match, il livre un témoignage fort :
« Les grands obstacles arrivent aux gens qui ont de grandes destinées. Ce qui est arrivé avec mon œil est derrière moi. Dans le football, il n’y a pas de pitié : si tu n’es pas bon, tu ne joues pas. Si tu es bon, tu joues. »
Pour Georgi Minoungou, chaque rencontre est désormais une finale. Et chaque minute passée sur le terrain, une victoire éclatante sur le destin.
Karina Fofana
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